Regarder en soi, au plus profond, et apprendre à aimer chaque nuance, chaque aspérité.
Longtemps, trop longtemps, je me suis trouvée trop.
Ou pas assez… quelque chose.
Trop émotive, trop sensible, trop rancunière, trop têtue. Pas assez brillante, pas assez douée, pas assez patiente pour faire oublier le reste.
Même physiquement—bien que ce soit réducteur et que je sois la première à m’en insurger—je me trouvais trop latine, trop « cliché », pas assez longiligne. Les yeux trop sombres, les traits trop marqués, la liste serait trop longue pour une réelle exhaustivité.
Alors, souvent, j’ai tenté de disparaître. De me fondre dans le décor, d’être quelqu’un d’autre.
J’ai gommé les aspérités, voulu convoquer le soleil, répudier l’ombre. Ne vouloir que la lumière. N’être que lumière.
Et puis, j’ai compris.
Il faut du temps pour apprendre à s’aimer. Il faut apprivoiser ce que l’on considère comme des failles, les regarder autrement : elles façonnent ce que nous sommes.
Aimer ses qualités autant que ses défauts, parce qu’ils coexistent et qu’ils nous définissent dans notre globalité.
J’ai compris aussi que s’aimer soi-même, c’est ouvrir la porte à l’amour de l’autre. Que l’on ne peut aimer pleinement sans s’accorder cette tendresse à soi d’abord.
Sinon, on cherche en l’autre ce que l’on ne parvient pas à se donner. Et ce manque crée une dépendance, un déséquilibre, un jeu de pouvoir.
Alors, j’ai appris à verbaliser. À dire ce qui me ronge, ce que je préférerais taire, ce qui me gêne et m’empêche de respirer.
Et quand je ne parviens pas à dire, alors, j’écris. Parce que c’est souvent plus simple.
J’ai accepté que l’ombre fait partie de moi. La colère, la rage, la rancœur qui brûlent encore parfois.
Parce qu’elles sont là, quoi que je dise, quoi que je fasse. Il suffit juste de veiller à l’équilibre.
Choisir la lumière, toujours, sans pour autant nier le gris et toutes ses nuances. Comme dans la légende amérindienne des deux loups qui s’affrontent.
Et comme le disait Sirius Black, dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix :
« Il y a une part de lumière et d’ombre en chacun de nous. Ce qui compte, c’est celle que nous choisissons de montrer dans nos actes. Ça, c’est qui nous sommes vraiment. »
Xoxo,
Juliette
