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Aujourd’hui, je n’ai pas écrit.

Rien, pas une seule ligne intéressante. Des trucs qui contiennent le fameux “sauf erreur” suivi d’une dithyrambe assurantielle sans saveur, ça oui, plein.

Mais rien de croustillant, de sensuel ou de romantique. J’ai eu le lundi d’une adulte chiante, un lundi morne et pragmatique de la plus insipide nuance de gris orage.

Je voulais pourtant et puis je ne l’ai pas fait parce que je me suis laissée aspirer dès le réveil dans un mood d’hiver, que je n’aime pas. Un de ceux qui te donnent l’impression de ne pas arriver à te faire comprendre, à te sentir gauche, maladroite, empruntée.

À force d’être planquée derrière un casque de téléphone et différents claviers, est-ce que vraiment je sais me faire comprendre ou suis-je condamnée à toujours devoir me justifier sur les différentes couleurs que je traverse dans une même journée ?

Alors, je n’ai rien écrit.

Pas de légendes oubliées à broder de dentelles entrelacées, pas de voix déposée sur les textes que je chéris à la folie, je n’ai pas non plus commencé le roman qui me taraude, me hante et dont le titre résonne déjà tellement dans mon esprit que je pourrais le griffonner à longueur de journée en marge de mes cahiers, comme je le faisais adolescente avec le prénom de mon amoureux, ou revisiter mon conte “Lutine et poussière d’étoiles” d’ailleurs. Ma fille, Fleur, va râler.

Je n’ai rien écrit. Que la lassitude de ne pas savoir me faire vraiment aimer malgré toutes mes aspérités…

Sauf peut-être par un seul, qui sait ?

Il n’y a pas longtemps on m’a dit que j’idéalisais l’Amour.

Et je crois au fond que c’est vrai. Mais ça fait partie de la légende que je me suis fabriquée.

Le genre un peu conte de fées tu vois ? Style “Pretty Woman” mixé avec un délire Disney, sans baby clash ou infidélités et sans le triangle de Karpman, évidemment.

Mais finalement peut-être que je ne sais pas vraiment faire.

Peut-être que j’ai tellement morflé avant que je ne sais pas vraiment lâcher pour de vrai.

Du coup, je ne me sens pas légitime ce soir, pour me lancer dans le projet qui naît dans mon esprit depuis que je me suis aperçue que j’étais une grenouille baignant dans une marmite, sous laquelle la température montait lentement sans m’en apercevoir :

Écrire l’amour à vous émouvoir, à vous faire trembler

Ce soir, je ne parle pas l’amour, mais j’en épelle les syllabes de sa frustration.

Xoxo,

Juliette