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Juger un livre à sa couverture…

    C’est comme supposer le devenir d’une histoire d’amour à son premier baiser.

    C’est sans doute inhérent à notre société, où tout va vite, trop vite, bien trop vite.

    Cette vie ultra-connectée où l’apparence est maîtresse du jeu

    Où la surconsommation a ses quartiers royaux.

    On zappe, scrolle, sans prendre le temps de se poser,

    D’assimiler, de savourer.

    Il nous faut un avis sur tout,

    J’aime, j’aime pas.

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    Comme sur Tinder.

    Un cœur,

    Une croix,

    Un swipe à droite ou un à gauche.

    Comme dans un jeu.

    C’est un peu écœurant aussi,

    comme quand on dévore d’un coup,

    Toute la chantilly d’un énorme gâteau au chocolat,

    Sans y prendre plaisir,

    Juste pour se remplir.

    Ce n’est plus de la gourmandise, c’est de l’hyperphagie.

    Je trouve ça tellement triste, parce que l’on se dépossède de certaines valeurs,

    Certaines douceurs…

    On en oublie la patience, le désir, l’attente, l’espoir.

    Je suis peut-être née à la mauvaise époque,

    Dans le mauvais siècle, parce que j’ai envie de déguster la vie à la petite cuillère…

    Ne pas me gaver de “temps de cerveau humain disponible”, jusqu’à la nausée.

    J’aime prendre le temps, m’offrir ce luxe, poser mes écrans.

    Et je ne juge jamais un livre à sa couverture ou même à ses premiers chapitres.

    Je ne graverai jamais dans la toile ou dans la roche de commentaire sur un ouvrage pour faire plaisir à un auteur, sans avoir lu sa prose, jusqu’au dernier mot.

    Parce que c’est une question de respect pour le travail effectué, pour les insomnies, les doutes et les pleurs.

    Même si j’avoue mettre parfois longtemps, alors que je sais à quel point c’est important pour toutes les plumes.

    Le dithyrambique des éloges n’a réellement de sens qu’une fois la lecture achevée parce que sinon,

    C’est comme supposer le devenir d’une histoire d’amour à son premier baiser.

    Xoxo

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