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Le vrai scandale c’est devoir encore l’expliquer

    Je t’ai parlé mercredi d’un aphorisme publié par un auteur d’une autre plateforme ayant pour titre “Le violeur”, qui m’avait profondément choquée, tant par le contenu qui érigait l’agresseur au rang d’amoureux des femmes, que par l’image d’illustration mettant en scène le mouvement “My Body My Choice” pour l’étayer..

    Je lui ai laissé un long commentaire, tentant de lui faire prendre conscience qu’on ne peut pas travestir l’horreur sous des jeux de mots, qu’on ne peut pas minimiser l’inacceptable sous prétexte de provocation. Aucun retour.

    Alors j’ai attendu. Peut-être qu’il réaliserait, qu’il s’interrogerait, qu’il relirait son propre texte avec un regard neuf. Rien. Juste d’autres posts, d’autres manières de flatter son égo à tripoter son nombre de vues, en occultant la presque absence de likes.

    Et puis enfin, il annonce qu’il retire son texte. En affichant, toutefois, fièrement le nombre de vues qu’il a générées—comme si l’attention suscitée excusait l’irresponsabilité.

    Et c’est là que surgissent les défenseurs de l’indéfendable. Ceux qui ne voient pas le problème et viennent se scandaliser non pas du texte, mais de sa suppression.
    Ceux qui crient à la censure, qui dénoncent le soi-disant “diktat du politiquement correct”, comme si appeler à un minimum de décence était une atteinte à la liberté d’expression.

    💡 Leur grand argument ? « On ne peut plus rien dire. » Non. Ce qu’on ne peut plus faire, c’est réduire les violences à des formules creuses. Ce qu’on ne peut plus tolérer, c’est transformer une souffrance, parfois mortelle, en punchline.

    La liberté d’expression ne doit pas être une carte blanche pour légitimer l’oppression.

    Parce que derrière les mots, il y a des vies. Il y a des cicatrices. Il y a des réalités que vous ne voyez pas.
    Et oui, ce texte a été supprimé. Non pas par la censure. Par la décence.
    Je leur souhaite à tous de ne jamais ressentir, ni dans leurs corps, ni dans leurs esprits, ni dans l’inconscient transgénérationnel, l’onde de choc qu’une agression sexuelle peut provoquer.
    Parce qu’aucun mot, aucune justification, aucune figure de style ne pourra jamais atténuer cette réalité.

    Xoxo.

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